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J'ai bien envie de vous dire:
Ma vie est un putain de bordel auquel je ne comprends rien.
J'voudrais être bilingue, j'voudrais être douée en quelque chose de bien spécifique, j'voudrais avoir une passion, j'voudrais manger de la glace au chocolat, péter un coup, boire le truc dégueu qu'on me servait à tous les repas en irlande cet été, j'voudrais rattraper la merde que j'ai écrite en histoire hier matin, j'voudrais chier au milieu de la rue, j'voudrais vomir sur Baleinasse frangée qui se la joue Mireille Mathieu, j'voudrais avoir le bac en poche, être en été, boire du pec citron avec Chloé chez elle en se dorant au soleil les seins à l'air, j'voudrais voir la mer et avoir les pieds enfoncés dans le sable chaud, j'voudrais savoir parler croate, savoir chanter comme Patrice et me prendre la murgeasse de ma vie. Mais qui suis-je pour prévoir ma vie future?
Ma vie part en sucette. J'ai l'impression que je ne contrôle absolument rien. Tout m'échappe y compris moi-même. Et c'est peut-être ça le plus grave. Ou alors c'est bien, bien de ne pas savoir à l'avance ou on va et dans quel sens. Est-ce que ma vie prendrait du sens si j'en connaissais l'orientation? Haha
Plus je grandis, moins j'ai l'impression de comprendre ce que je fous là. A me péter le dos sur une chaise roulante en écrivant un article de daube sur un site comme des milliers d'individus au même moment. Je comprends plus. Et alors? On va dire que c'est parce que je m'interroge (plus) sur mon existence. Ouais on va dire ça. Et puis il me bande ce "on". "On" c'est même pas moi, c'est même plus moi. Même moi je ne pense plus rien de moi, plus rien sur moi.
Je ne trouve pas de sens à mon existence. A par celui de regarder le plus de séries débiles à la tv au lieu de réviser ou de travailler ou de m'amuser ou de faire quelque chose de bien, d'intéressant, de beau ou d'agréable. J'écoute la musique de Pearl Harbor et je viens de roter un bon coup. Ca va mieux. J'disais quoi? Ah oui ma vie est un peu douteuse. Sur les bords juste un peu. Mouais. D'un coté j'en ai rien à foutre et de l'autre c'est tellement pitoyable que ça en devient chiant.
Tout est plat et sans relief pour mon esprit pessimiste. Quoi que ça allait mieux ces jours ci. En fait non! Non? Oh et j'en sais rien. L'amour c'est à chier. J'ai croisé 19 couples aujourd'hui qui se sont tous SANS EXCEPTION embrassé devant moi, manger la bouche comme dans les films à l'eau de rose. Les trucs gavants pour moches désespérées devant leur tv. Ouais. Enfin bon. 19. Quand même.
17 ans et aucun rêve. Rien. Ca aussi c'est naz. Je fais tout comme tout le monde et tout le monde me gave. Je me gave? Quand j'étais gosse j'ai jamais dit "Je veux être cosmonaute" ou "Je veux être une princesse". Moi j'ai voulu être puéricultrice, archéologue et rockstar tour à tour avec une période d'indécision de 3 ans entre chaque. Chaque phase ayant giclé de mon esprit en 6 mois ou 1 an.
Je suis d'une inconstance terrible et ça me tue.
J'ai jamais rien tenu dans ma vie. Même pas les promesses toutes simples. Même les choix évidents j'ai jamais réussi à les faire.
De la merde, rien que de la merde.
Je n'ai jamais compris pourquoi les autres ont généralement cru en moi. Pourquoi on s'est toujours confié à moi. Si l'on peut reconnaître une qualité à mes parents, c'est de m'avoir toujours soutenue, sans pour autant avoir cédé à mes caprices. Et oui c'est niais mais c'est tout de même un peu vrai. Toujours poussée mais sans me mettre la pression pour autant. Pas besoin je me la fous toute seule et ils me connaissent assez bien pour le savoir.
D'un côté ils ne pouvaient pas faire autrement. Je n'ai jamais rien entrepris de fou ou d'audacieux, jamais enfreint les règles. J'ai "toujours" tout bien fait dans la limite de mes capacités ou de ma volonté. J'ai toujours suivi ce qu'on me proposait, ce qu'on me disait de faire, bien souvent sans grande motivation, parfois à contre-coeur mais parce que voilà. C'était comme ça. Comment voulez-vous qu'on doute de moi alors que je n'ai jamais pris de décision révolutionnaire? Mes parents ont toujours été là. Surtout ma mère. Tu m'étonnes. Je suis comme elle. Est-ce qu'elle m'a fasconnée pour que je lui ressemble, tout en m'évitant quelques erreurs de parcours? Il me semble que c'est là, la fin en soi de l'autorité parentale...
Et voilà que je m'égare dans des discours philosophiques à deux balles.
"Il y a toujours ton nom qui danse là-bàs. Et moi j'vois le pire ici ou ailleurs en même temps que toi. Aller un peu de courage, un peu plus de rêves et de la rage..." 10Rue
Revenons à la réalité...le temps de quelques douloureux derniers instants.
Je me disais folle, incontrôlable à l'adolescence. Je ne l'ai jamais été et ne le serai sûrement jamais. Que du pipo. J'en ai vu une faire pareil et maintenant elle ne m'inspire que de la pitié. Du pipo en boîte et de la connerie, sauf qu'elle, elle s'y croit toujours. J'espère ne jamais inspirer de la pitié autant que ce qu'elle m'en inspire. Sincèrement. J'ai tout fait et ferai probablement toujours tout dans les règles, avec le maximum syndical de "folie" ou de pff...je ne sais pas quoi indiqué par la socièté. Je suis comme tous ces gens qui se croient un tantinet originaux parce qu'ils sont tous convaincus d'avoir des "délires" et une vie pas comme les autres. Est-ce qu'on a tous besoin de cette illusion pour vivre? Le truc c'est qu'on est tous pareils et que je suis comme tout le monde.
Je m'aime bien dans la limite du raisonnable. Je veux dire par là que j'aime bien ma personnalité même si je donne l'impression de vouloir en changer 4 fois par jour. J'aime bien mon physique même si je trouve que j'ai de grosses fesses (Gab comprendra mais il ne lira pas ce texte parce qu'il sera rebuté par sa longueur, pas grave tu loupes rien mon gars). Je me trouve hideuse à certains moments, jolie à certains autres beaucoup plus rares. Je suis modeste de temps en temps, un peu comme tout le monde. Pour passer inaperçue. Pour me fondre dans la masse alors que je me pense originale. Vous voyez le truc? De la merde, rien que de la merde. Raisonnable. Voilà. C'est le mot, j'ai toujours été raisonnable.
Je possède mes espoirs secrets. Bien intégrés dans le système. Bien raisonnables eux aussi. Une petite maison avec sa paire d'années dans les murs, près d'une forêt, juste à côté d'une toute petite rivière. Un petit ruisseau. En pierres la maison, bien confortable, où il fait toujours soleil avec un peu de pluie pour nous rappeler qu'on est tout de même pas au paradis. Avec du lierre sur la façade, un petit jardin, une clôture en bois et une toute petite marre. Le chien ou le chat. Et puis même les deux. La ville pas trop loin. Le mari aimant, souriant, drôle, musicien, chanteur, beau et intelligent [Ouais ouais c'est La petite maison dans la prairie mon cerveau], cultivé et un peu fou. Les trois ou quatre enfants. Les amis toujours présents.
Du rêve. Toujours du rêve. Et pourquoi? A quoi bon?
Est-ce qu'on est toujours condamné à vivre dans l'utopie ou est-ce qu'un jour des choses merveilleuses doivent nous arriver?
Pourquoi est-ce que le système nous montre des gens exceptionnels? Des gens qui ont tous quelque chose. La beauté, le talent d'artiste, d'économiste, de gestionnaire, la voix, le visage, le corps, l'esprit, l'écriture, l'intelligence, la richesse ou même tout à la fois. Même la stupidité y passe. C'est même bien de montrer qu'on est con. On en serait presque fier.
Pourquoi les gens mis en lumière sont toujours spéciaux? Des gens qui ont tous quelque chose par leurs propres capacités ou par le biais d'un tiers. Pourquoi toute spécialité est destinée a être empaquetée et envoyée à notre adresse de pauvre minable nulle à la vie plate, afin qu'on en reçoive une tous les jours qui nous éclate à la gueule et nous enfonce dans notre existence morne et vide de sens.
Tout. Tout. Tout. Tout? Tout. Et pourquoi pas rien?
Pourquoi est-ce qu'on nous encourage a être millionaire, chanteur, mannequin, star internationale et richissime? Pourquoi ça et pas tout simplement encourager la normalité?
On va dire que c'est parce qu'il y a des âmes faibles qui ont besoin de modèles et que l'homme a besoin d'un but vers lequel tendre afin de ne pas rester dans la bassesse toute sa vie durant. Je suis dans la bassesse là? P'tet pas mais on me le fais sentir. Faut nous amener à la sublimation de l'esprit? A l'ascension spirituelle, sociale ou professionelle qui nous mènera au bonheur? La réussite. Le bonheur.
Pourquoi eux et pas moi?
Est-ce que les gens normaux ne vivent que par procuration en regardant leur vie rêvée à la télévision qu'ils aimeraient tant atteindre mais qu'il n'auront jamais?
Le bonheur. (?) Est-ce que c'est ça?